Conseils clés pour la prévention des infections dans l’industrie du camionnage

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Que vous soyez camionneur-propriétaire ou gestionnaire d’une importante flotte de camions, et que vos trajets soient régionaux ou de longue distance, le transport de marchandises comporte des risques, sur la route et ailleurs. Alors que la COVID-19 poursuit sa progression, de nouveaux risques viennent compromettre la santé et la sécurité des employés.

Considérés comme des travailleurs essentiels de première ligne, les conducteurs assurent le transport des marchandises durant cette pandémie : matériel d’aide d’urgence, fournitures médicales et sanitaires, ou encore matières premières permettant de fabriquer des équipements de protection individuelle (EPI). Cela fait toutefois en sorte qu’ils sont plus susceptibles d’être exposés à la COVID-19.

Selon un communiqué de l’Alliance canadienne du camionnage : « Bien que la COVID-19 ait forcé des industries entières à repenser leurs activités et ait révélé certaines faiblesses, une chose est absolument certaine : la mesure dans laquelle la chaîne d’approvisionnement canadienne parviendra à surmonter cette période très éprouvante et imprévisible dépendra largement de la capacité du secteur du camionnage et des expéditeurs et réceptionnaires à collaborer de manière harmonieuse et attentive. »

Par la nature de leur métier, les camionneurs ont de nombreuses interactions avec d’autres personnes, comme les expéditeurs, les réceptionnaires, les fournisseurs de services d’entretien, les pompistes et les douaniers, ou encore avec la population générale dans des lieux comme les relais routiers, les restaurants et les hôtels.

Comme la COVID-19 n’est pas encore chose du passé, la prévention des infections revêt une importance capitale, que ce soit au bureau ou sur la route. Et même si la situation évolue en permanence, il existe des mesures que les employeurs, les gestionnaires de parcs de véhicules et les conducteurs peuvent prendre pour limiter les risques au maximum et assurer la sécurité de tous.

Politiques de prévention des infections

Il est primordial de disposer d’un plan – ainsi que de politiques et de procédures – pour savoir comment protéger les travailleurs, en particulier s’ils tombent malades sur la route. En effet, que faire si un conducteur développe des symptômes de la COVID-19 pendant un trajet aux États‑Unis? Les employeurs doivent avoir une stratégie établissant clairement comment aider les conducteurs qui doivent se mettre en quarantaine lorsqu’ils sont sur la route.

Ce plan doit également intégrer une politique organisationnelle qui oblige toute personne présentant des symptômes (gorge sèche, fièvre, éternuements ou toux) à s’isoler à la maison pendant au moins dix jours après leur apparition. En outre, cette politique doit prévoir des mesures d’éloignement physique imposant le respect d’une distance d’au moins deux mètres entre chaque personne ou, si ce n’est pas possible, le port d’un masque non médical.

Pour faciliter l’éloignement physique, vous pouvez envisager de maintenir certains travailleurs en télétravail, comme les employés administratifs ou les répartiteurs. Vous pourriez aussi échelonner les heures de départ des conducteurs pour éviter l’achalandage aux terminaux, ainsi qu’utiliser un outil numérique pour la signature des accusés de réception lorsque c’est possible.

Les ministres responsables des transports et de la sécurité routière dans toutes les provinces et tous les territoires ont publié conjointement des principes directeurs sur l’utilisation des masques et des gants et l’application d’autres protocoles de sécurité à l’intention des employés du secteur du transport. Ces principes, qui sont plutôt des lignes directrices que des normes officielles, visent à limiter le risque de transmission de la COVID-19.

Gestion des parcs de véhicules pendant la COVID-19

En collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), Transports Canada recommande que les gestionnaires de parcs de véhicules réduisent le plus possible le nombre de véhicules partagés pour éviter la propagation du virus entre différents utilisateurs d’un même véhicule. Consultez les politiques sur les camions partagés et veillez à ce que les conducteurs utilisent le même équipement le plus longtemps possible.

Les gestionnaires de parcs de véhicules doivent s’assurer que les conducteurs disposent des produits désinfectants appropriés, de désinfectant pour les mains, de lingettes désinfectantes, de gants jetables et d’EPI (masques, visières ou respirateurs) pour nettoyer les surfaces fréquemment touchées et interagir avec le public quand il n’est pas possible de respecter l’éloignement physique.

Il faudra continuer à gérer les débardeurs et les conducteurs, même si cela doit se faire à distance. Communiquez les changements de politiques – notamment sur l’accès aux sites ou les EPI requis – à l’ensemble du personnel, des conducteurs et des clients. Si possible, communiquez de l’information sur les relais routiers et les centres de repos ayant des installations d’hygiène personnelle convenables. Tenez également une liste de contacts d’urgence pour tous les conducteurs au cas où ils tomberaient malades sur la route.

Protocoles de nettoyage sur la route

Les conducteurs de véhicules utilitaires doivent nettoyer et désinfecter leur camion tous les jours, sans oublier ce qui suit :

  • Clés ou autres dispositifs d’accès;
  • Bouton de démarrage;
  • Poignées de porte extérieures;
  • Poignées de porte intérieures;
  • Coussinets et accoudoirs;
  • Volant;
  • Levier de vitesses et console;
  • Tableau de bord;
  • Interrupteurs électriques pour les fenêtres et les portes;
  • Boutons de radio et de contrôle de la climatisation;
  • Commandes des clignotants et des essuie-glaces;
  • Sièges et manette de réglage des sièges;
  • Ceintures de sécurité;
  • Écran tactile;
  • Tous les autres éléments qui peuvent avoir été touchés, comme le capot du camion ou les poignées des panneaux de la remorque.

Utilisez un désinfectant pour surfaces dures qui a été approuvé par Santé Canada pour utilisation contre la COVID-19. Les linges souillés et les gants utilisés pour le nettoyage doivent être jetés immédiatement dans un sac à ordures, et il faut ensuite se laver les mains dès que possible (pendant au moins 20 secondes) en utilisant la bonne technique.

Si vous n’avez pas d’eau et de savon à votre disposition, utilisez un désinfectant pour les mains à base d’alcool (à au moins 70 %) en attendant de pouvoir vous laver les mains. Il faut savoir que le désinfectant peut ne pas être efficace si vos mains ont été en contact avec des matières organiques. Dans ce cas, utilisez des lingettes pour les essuyer, puis appliquez du désinfectant et évitez de vous toucher la bouche, le nez et les yeux.

Lorsque vous faites le plein, pensez à porter des gants en nitrile que vous jetterez tout de suite après. Lavez-vous ensuite les mains avec de l’eau et du savon. Soyez aussi vigilant lorsque vous touchez les poignées de porte des stations-service ou manipulez des produits automobiles pour l’entretien des véhicules, comme de l’huile à moteur ou du lave-glace.

Sécurité sur la route

Si possible, les conducteurs doivent rester dans leur cabine au moment du ramassage et de la livraison  des marchandises afin de limiter leur exposition dans les installations d’expédition et de réception. Pour saluer les gens, évitez les poignées de main et optez plutôt pour un signe de la main ou de la tête. Dans la mesure du possible, envoyez vos documents par voie électronique ou prenez des dispositions pour pouvoir signer au nom de l’expéditeur ou du réceptionnaire.

À l’extérieur du véhicule, suivez les règles ci-dessous :

  • Respectez une distance d’au moins deux mètres avec les autres et portez un masque si ce n’est pas possible.
  • Si la tâche le permet, pensez à porter des gants en nitrile plutôt que des gants de travail pendant le chargement et le déchargement.
  • Lavez-vous toujours les mains après chaque arrêt ou livraison (ou utilisez du désinfectant si vous n’avez pas d’eau et de savon à votre disposition).

Pensez à apporter votre nourriture, car il peut être difficile de trouver un endroit où manger sur la route en raison de la fermeture des restaurants (qui varie d’une région à l’autre). Limitez les passages dans les relais routiers, les aires de repos, les ateliers de réparation et tout autre lieu de rassemblement public. Dans les chambres d’hôtel et les salles de douches, nettoyez les surfaces fréquemment touchées comme les poignées de porte, les chaises et les tables.

Pendant la pandémie, il est possible que certains clients aient modifié les procédures d’accès à leur site pour le chargement et la livraison. Appelez-les d’avance pour connaître les procédures en vigueur et avertissez-les de votre arrivée par message texte ou par téléphone.

Camions partagés et équipes de conducteurs : Les conducteurs qui partagent des véhicules doivent suivre des protocoles de nettoyage et de désinfection plus rigoureux avant et après chaque quart. Les conducteurs travaillant en équipe doivent quant à eux veiller à porter un masque s’ils sont assis à moins de deux mètres à bord du véhicule. Dans la mesure du possible, les gestionnaires de parcs de véhicules devraient éviter de séparer les équipes et ne pas interchanger les conducteurs entre différentes équipes.

Conducteurs de véhicules utilitaires traversant la frontière : L’ASPC demande à tous les citoyens, y compris aux conducteurs de véhicules utilitaires, de porter un masque non médical lorsqu’ils passent la frontière et jusqu’à leur destination au Canada. Même si la période d’isolement de 14 jours ne s’applique pas aux conducteurs de véhicules utilitaires (car ce sont des travailleurs dont les déplacements à l’extérieur du pays sont considérés comme essentiels), ils doivent malgré tout surveiller l’apparition de tout symptôme et suivre les recommandations des autorités sanitaires fédérales et régionales.

Que faire si vous avez des symptômes?

Les conducteurs de véhicules utilitaires doivent surveiller leur état de santé avant tout trajet. Si vous avez des symptômes de la COVID-19, même une petite toux ou une légère fièvre (dès 37,3 °C), vous devez rester chez vous et informer votre employeur. Ces règles s’appliquent aussi si vous développez des symptômes après un trajet, afin qu’il soit possible de prendre les mesures nécessaires pour protéger vos collègues et les autres conducteurs utilisant votre camion.

Si vous avez été en contact avec une personne ayant la COVID-19 ou présentant des symptômes qui s’y apparentent, il vous est demandé d’informer le centre de répartition ainsi que votre professionnel de la santé et de vous mettre en isolement, le cas échéant. Santé Canada offre un outil d’auto-évaluation, et l’Alliance canadienne du camionnage a créé un site Web où elle publie des bulletins sur la COVID-19 à l’intention du secteur. S’ils ont besoin d’assistance supplémentaire, les employeurs peuvent également communiquer directement avec l’ASPC à l’adresse [email protected].

Northbridge est là pour vous aider

En cette période sans précédent, il est important de connaître les dernières exigences et recommandations du gouvernement ainsi que les lignes directrices propres à son secteur. Vous trouverez sur notre page Renseignements sur la COVID-19 des ressources ainsi que des renseignements sur les personnes avec qui communiquer en cas de question.