Trois grands enjeux pour l’industrie du camionnage en 2016

Récemment, David Bradley, président et chef de la direction de l’Alliance canadienne du camionnage et de l’Association de camionnage de l’Ontario, a fait une présentation lors de la conférence PeopleNet Canada sur le transport, à Toronto, dans laquelle il a parlé des principaux enjeux auxquels l’industrie du camionnage est confrontée de nos jours.

Selon M. Bradley, il existe trois grands enjeux incontournables pour l’industrie du camionnage :

1. Adoption obligatoire des journaux de bord électroniques

Il y a dix ans, le Canada était le premier en Amérique du Nord à annoncer qu’il était en faveur de l’utilisation de journaux de bord électroniques dans les camions (actuellement, les conducteurs sont seulement tenus de garder un journal de bord papier). Malheureusement, le mouvement s’est tranquillement essoufflé en raison d’arguments suggérant que l’adoption des journaux de bord électroniques devrait être volontaire et soulevant des inquiétudes sur les coûts et la productivité. Relancée par la nouvelle ministre des Transports, la question de l’adoption obligatoire des journaux de bord électroniques pourrait devenir un sujet d’actualité en 2016. Les journaux de bord électroniques pourraient transformer la relation entre le conducteur, le transporteur et les agents de l’autorité, explique M. Bradley. « À l’heure actuelle, on perd beaucoup d’énergie à se demander si le conducteur ment ou s’il tente de cacher quelque chose. Mais lorsque vous avez un journal de bord électronique, vous pouvez vous fier aux faits. »

2. Règlement sur les GES, phase 2

La nouvelle administration souhaite également adopter une démarche active de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le règlement sur les émissions de gaz à effet de serre et l’efficacité énergétique des véhicules lourds et de leurs moteurs (Phase 2), élaboré par l’agence américaine de protection de l’environnement (Environmental Protection Agency) et l’administration américaine pour la sécurité routière (National Highway Traffic Safety Administration), prévoit l’imposition de normes rigoureuses d’efficacité énergétique aux camions et à leurs moteurs pour 2021. Le règlement vise une économie de carburant de 24 % avant 2027. C’est le bilan annuel des importations de l’OPEP pour les États‑Unis!

Ces normes énergétiques seront bénéfiques tant pour l’environnement que pour l’économie. Quand les camions brûlent moins de carburant, les coûts d’expédition baissent. Il fut un temps où être environnementaliste signifiait être contre les véhicules lourds. Les choses devraient cependant changer avec le nouveau règlement sur les GES. Maintenant, il faudrait qu’Environnement Canada et Transports Canada emboîtent le pas, sans se contenter d’imiter les règlements américains.

3. Pénurie de conducteurs

Selon le Conference Board du Canada, l’industrie connaîtra une pénurie pouvant aller jusqu’à 33 000 conducteurs d’ici 2020, ce qui pourrait entraîner une importante crise si on ne s’attaque pas au problème rapidement. Selon M. Bradley, pour contrer cette pénurie, le Canada doit revoir la rémunération et la formation des conducteurs.

La rémunération est demeurée la même, mais elle doit augmenter pour être concurrentielle et attirer les travailleurs. M. Bradley insiste également sur l’importance de reconnaître le camionnage comme un métier spécialisé, ce qui n’est possible que si l’industrie reconnaît que les compétences des conducteurs sont des compétences à part entière. Les publicités sur les camions qui annoncent qu’aucune formation n’est requise pour postuler freinent l’industrie dans ses efforts de rendre la formation obligatoire pour les conducteurs débutants et de faire du camionnage un métier spécialisé.

Malgré les enjeux qui attendent l’industrie cette année,  les perspectives d’avenir pour le camionnage sont prometteuses et devraient le demeurer tant que l’industrie et le gouvernement garderont ces questions bien en tête.

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